
Des mots et une typo pour le dire.
«
Moins le travail du typographe est visible, plus il est réussi ». Ce credo,
Elamine Maecha, enseignant et
designer graphique, tente depuis 3 ans de le transmettre à ses élèves de 3e année filière
graphisme multimédia (G3), à
Vocation Graphique. Une discipline qui ne l'aura pas empêché de jouer avec la typo et les lettres, qu'il s'agisse de travailler sur un projet de signalétique pour l'orchestre philharmonique de Strasbourg ou de participer à la redéfinition de la communication visuelle du
théâtre du Châtelet, avec
Philippe Apeloig.
Designer ?
Architecte?
Enseignant ? Elamine n'exclut rien à l'heure de choisir sa première orientation. Assez sérieusement tenté par une carrière de normalien, c'est finalement «
un peu par hasard » qu'il s'orientera vers le graphisme et passera un
BTS « édition, multimédia », à Lyon. La première étape d'une longue carrière d'étudiant puis de chercheur. «
J'aurais pu travailler immédiatement à l'issue de cette première formation parce qu'elle m'avait donné un socle technique et que les étudiants se faisaient directement démarcher par les agences de pub. Mais ce que je souhaitais, c'était expérimenter, jouer avec la typo et les lettres. » Ses pas le porteront alors vers l'ESAD (école supérieure des arts décoratifs) de Strasbourg dont il sortira diplômé, 3 ans plus tard.
En résonances avec l'orchestre
«
Choisir l'ESAD m'a permis de sentir les choses au travers de projets concrets comme le projet de signalétique pour l'orchestre philharmonique de Strasbourg.» Le défi : créer une typographie traduisant la résonance particulière d'un orchestre philharmonique Et ce, du parking au choeur, en passant par l'entrée du théâtre. «
La grande difficulté, c'était de partir d'une idée qui n'était pas délirante et de la traduire dans la pratique réelle. On a dû se confronter aux résonances différentes de matériaux comme la résine, le plastique ou le béton mais aussi aux règles de sécurité. » De ce travail naîtra une nouvelle typographie : Résonances.
Délaissant momentanément la typographie, Elamine passera quelques temps à la SMFA (School of the museum of fine arts) de Boston pour s'intéresser à la vidéo et à la photo. De retour en France et son cursus achevé, son envie de rechercher et d'expérimenter n'est toujours pas assouvie. Il tentera donc d'intégrer l'ANRT (atelier national de recherche typographique) de Nancy. Et après avoir été reçu au concours d'entrée (5 heureux élus...), il restera un an dans cet établissement dirigé par
Peter Keller. Jusqu'à sa fermeture à laquelle il assistera «
la mort dans l'âme ».