Créé en décembre 2003, le collectif surletoit réunit sept indépendants de compétences diverses (graphistes, chef de projet, développeur) qui s’étaient rencontrés sur différentes productions, principalement culturelles ou pour la jeunesse. Logique professionnelle oblige, ils se regroupent donc pour continuer à faire de la conception et de la réalisation de projets sur ce secteur. Mais plus pour des agences, pour eux.
« Quand j'ai quitté mon dernier employeur avec l'intention de fonder le collectif, je disposais de tout ce qu'il fallait pour cela, comme les autres futurs membres. Chacun est arrivé avec son carnet d'adresse de clients et d'indépendants » se souvient Sonia. Et sans citer Napoléon, Sonia, reconnaît aussi que le facteur chance a été déterminant dans le démarrage du collectif.
Une chance qui a pris la forme de trois gros contrats : la conception réalisation d’un site jeunesse pour Leclerc, et de deux projets pour l’exposition universelle d’Aichi en 2005 : une installation audiovisuelle présentant les outils de simulation développés par Dassault Systemes, et un jeu interactif parlant de l’aménagement du territoire pour la Communauté Urbaine de Dunkerque. « Avoir pu démarrer le collectif avec ces trois gros contrats nous a donné confiance. Au début, on pensait bien sûr avoir des petits projets mais en traiter des « gros » nous semblait moins accessible. »

Mers australes ou allumés du jazz ?
Plus de cinq ans après le début de l’aventure, Sur le toit s’occupe toujours du site internet Les p’tits repères, mis en place pour Leclerc. Et l’enrichit très régulièrement. «Il fallait sensibiliser les 6/10 ans au thème de l’environnement. On a choisi de le faire en privilégiant l’aspect ludique – des minis jeux de situation, dans la chambre, à la maison...; et en optant pour un ton décalé par rapport à la pédagogie traditionnelle». Tout au long des jeux qui leurs sont proposés, quelques petits messages viennent rappeler les gestes « écojustes. » Un travail sur le long terme qui a impliqué l’intégration de nouveaux jeux, la création de nouvelles rubriques ou encore l’élargissement à des thèmes autres, tels que les dangers domestiques ou la nutrition.
« Notre volonté c’est d’être considérés comme des partenaires par nos clients, pas comme des prestataires. » souligne Sonia.

80 % pour le multimédia et à 20 % pour le print.
Sites, bornes, dispositifs audiovisuels et interactifs mais aussi revues : Sur le toit travaille à 80 % pour le multimédia et à 20 % pour le print. Côté sites, vaste panorama puisqu’ils comptent, par exemple, à leur actif la réalisation du site des mers australes, celui de la société française de musicologie, le développement des allumés du jazz ou un site dynamique pour couvrir la conférence Marc Bloch qui a lieu chaque année, à la Sorbonne.
Côté print, ils ont récemment conçu et mis au point la nouvelle maquette de la revue d’ethnologie Terrain, éditée par la maison des sciences de l’homme. Comment s’effectue le choix des clients ? Sur le toit applique une discipline stricte : « Tous les projets sont discutés par les 5 membres et doivent être acceptés par les 5. Notre positionnement est assez précis, nous souhaitons travailler pour la culture et la jeunesse et surtout intervenir s’il y a du contenu à mettre en valeur. »

Dire oui... ou non
Ce positionnement précis ne les empêchent pas de se questionner, au coup par coup : « nous avons refusé de faire un site pour le Ceras car nous ne souhaitions pas être associés à une institution religieuse » Après discussion, ils acceptent en revanche de mener à bien le projet Cinéarchives des militants du Parti Communiste « il nous a semblé, dans ce cas de figure, que l’aspect archives de militants l’emportait sur l’aspect politique. » Rien ne se perd pour autant. Et les projets qui ne sont pas acceptés sont généralement proposés aux indépendants qui travaillent régulièrement avec eux.
Même souci d’adopter une conduite rigoureuse en ce qui concerne les rémunérations : «quelque soit le poste occupé, tout le monde est payé au même tarif » précise Sonia « Après la rémunération dépend bien sûr du temps de travail effectué. Le fait de ne pas avoir de salariés nous permet de dire non à certains projets. »
Travailler en collectif implique de respecter certaines contraintes mais celles que se fixent les Sur le toit ressemblent à celles de nombreuses entreprises : débriefing régulier après chaque travail, réunion mensuelle pour parler projets et s’interroger sur les évolutions. Sans oublier les « séminaires». Le dernier en date ? Sur les plages de Normandie en décembre dernier.

Pour en savoir plus sur leurs réalisations mais aussi leur démarche, n'hésitez pas à consulter leur site : www.surletoit.eu