« Des images, de la technologie, de l’interactivité » : lorsque ces 3 éléments sont présents, Dilshan est un homme heureux. Quand il part à l’assaut de son premier ordinateur à 14 ans, ce n’est pas seulement pour regarder de jolies images ou pour tchater. Son truc à lui, c’est la vidéo et même la 3D : « Dès que je suis entré au collège, j’avais déjà en tête de faire un métier autour de l’image, sans savoir si ce serait dans les jeux, dans le cinéma ou comme designer. Une chose était sûre, j’étais un passionné d’effets spéciaux. »
Cette passion précoce alliée à une pratique du dessin « à la main » va faire de lui une espèce d’autodidacte du graphisme. « Au lycée, j’ai adoré tout ce qui était enseignement des arts plastiques et c’est à peu près la seule matière dans laquelle je me suis donné à fond. »
Malgré sa connaissance des logiciels dès le lycée, il recherche une véritable école : « J’avais besoin d’une vraie formation, d’être encadré par des professionnels » se souvient-il. Et c’est ce qu’il trouvera en entrant à Vocation Graphique, un an plus tard. « Mon meilleur souvenir dans cette école, ce sont les projets menés en commun. On travaillait le soir jusqu’à minuit ou le week end, à l’école mais aussi à l’extérieur. Travailler dans un groupe cela stimule l’esprit de compétition et cela permet de progresser en apprenant des autres. »
Et d’évoquer avec nostalgie la mise au point, dans ce cadre, de la communication pour un soda breton.

Apprentissage précoce
A sa sortie de l’école en 2007, Dilshan décline toutes les offres d’emploi qui lui sont proposées : «Depuis ma première année d’étude à Vocation Graphique je travaillais, en free lance, pour des associations et des agences. Résultat : je disposais d’un book assez diversifié qui m’a facilité ces contacts mais je souhaitais rester free lance. » La raison du maintien de ce cap ? Essentiellement pour se garder une certaine marge de manœuvre. « La plupart des agences travaillent pour des grands comptes qui ont eux-mêmes des contraintes fortes et des chartes graphiques préétablies. Leur communication reste souvent conventionnelle et il est difficile de poser une empreinte créative. Mon souhait, c’est de pouvoir m’occuper d’une communication d’un client de A à Z. De lui proposer une communication globale – logo, affiche, site web – Si possible en remettant tous les compteurs à zéro et en bannissant tous les codes préétablis. »
Ses clients d’aujourd’hui sont plutôt des agences de communication ou des PME, pour lesquelles, il intervient le plus souvent comme directeur artistique print et web et comme motion designer. « Beaucoup de mes clients viennent me voir pour repositionner leur image graphique et les ¾ d’entre eux ont besoin d’un site internet » reconnaît-il. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir aussi de vrais défis à relever, en collaboration étroite avec une autre graphiste : élaborer une charte vidéo pour les « auto présentations » d’un cabinet d’architecture lors de conférences : «la charte vidéo est un travail sur lequel nous avançons doucement, l'ensemble du travail ne sera aboutit que dans plusieurs mois. Je ne voudrai pas m'avancer là dessus». Ou encore de créer chaque semaine une bande annonce présentant différentes marques. « À cette occasion, nous avons dû créer le concept graphique, le scénariser et l’animer sur After Effect ».

Travail en réseau
Et il peut même aussi prendre en charge toute la communication d’un évènement musical se déroulant à Paris Bercy : logo, presskit, DVD de présentation et réalisation du site internet en Flash. Pour répondre aux demandes, Dilhsan pratique le réseau mais collabore aussi régulièrement avec deux développeurs et un photographe « en cas de besoin ».
Vous avez le sentiment que sa petite entreprise ne connaît pas la crise. C’est bien le cas. « Je n’ai jamais vraiment cherché de clients, c’est le bouche à oreille qui a fonctionné, les premiers clients m’ont recommandé à d’autres, certains graphistes surchargés de travail m’envoient aussi des personnes, et j’ai enfin des clients qui me contactent après avoir vu mon site. »
Des rêves ou des projets ? S’il se sent attiré par les univers de l’esthétique, de la mode, du luxe et qu’il aimerait dénicher quelques budgets culturels, ce n’est pas non plus son obsession. Ce dont il rêve, c’est avant tout de « se démarquer » techniquement en web et en vidéo. Créer une ambiance qui allie qualité technique et graphique. Peut-être tenter, avec humilité, de marcher sur les traces de 2advanced.com, le studio qui, en 2001, l’a conduit à s’intéresser au web.

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