Des étudiants infographistes québécois à Vocation Graphique
Actualité de l'école
// Dominique Sellier //
mardi 25 novembre 2008 // 18:13
Du 27 au 30 octobre, Vocation Graphique a accueilli dans ses locaux une dizaine d’étudiants québécois, actuellement en formation d’infographiste au centre de formation professionnelle Emergence. Un premier voyage qui symbolise la politique d’échanges que souhaite développer l’école. Cours de dessin, de graphisme, d’histoire de l’art, de motion design... : ils n’ignoreront désormais plus rien des enseignements de Vocation Graphique. Des souvenirs, des idées à prendre, le début d’un échange à plus long terme. Josée et Mélanie, les deux enseignantes qui les accompagnaient nous font part de leurs premières impressions et nous donnent quelques pistes.
La circulation des élèves c’est ce qui a marqué Josée, enseignante en infographie à Montréal : « Ici, les élèves entrent, sortent, il y a tout le temps un va et vient. Ils ne se jettent pas non plus sur l’ordinateur quand ils entrent dans une classe. Chez nous, c’est leur premier réflexe, ils se ruent sur l’ordinateur mais il faut dire que nous travaillons de manière différente puisqu’ils disposent d’un logiciel partagé qui leur permet de disposer, tous en même temps, des mêmes informations sur leur ordinateur ». Plus de vieux tableau non plus dans la vieille Europe semble regretter Josée qui constate que le paperboard l’a remplacé. La tête et les jambes
Au-delà des petits détails qui ont imprimé sa rétine, Josée note surtout les différences d’approche dans la manière d’enseigner. « Chez vous, les cours sont plus magistraux, chez nous, c’est plus pragmatique. Vous demandez aux élèves de réfléchir, nous sommes plus axés sur la technique mais il est vrai que nos élèves disposent aussi de moins de temps pour leur formation ». Pour obtenir un DEP (diplôme d’étude professionnelle) en procédé infographique print, les élèves doivent en effet suivre une formation de 1800 heures sur un an et demi (de septembre à décembre de l’année suivante), avec des cours de 8h 30 à 13 h 30. Des horaires qui pourraient faire rêver un étudiant français mais qui recouvre une réalité différente. « La plupart de nos élèves travaillent l’après-midi, le soir, et même le week end pour certains. La majorité travaille en moyenne 15 à 20 heures par semaine pour payer ses études. Il n’est donc pas question que nous leur donnions des devoirs à réaliser chez eux ».
Très sensible à la manière dont Vocation Graphique privilégie la conduite de projets de A à Z, Josée aimerait insuffler un peu de cette pratique dans ses enseignements. Et d’énumérer à voix haute ce qu’il conviendrait d’y introduire : «un peu plus de dessin, un peu plus de créativité pour aller au-delà des logiciels, prendre le temps de la réflexion en amont, faire réviser les travaux effectués par une équipe ». Une opinion partagée par Mélanie, enseignante à Emergence depuis 2007 : « Ce qui me plaît dans l’idée de construire un projet de A à Z c’est qu’il donnerait aux élèves la possibilité d’être plus créatifs et leur apprendrait à travailler en groupe. »
Espionnage industriel
Une unanimité qui se traduira peut-être très bientôt par la construction d’un projet directement inspiré d’un travail actuellement réalisé par la classe G4 de Vocation Graphique : « Comme eux, nos élèves vont travailler sur l’illustration graphique d’une pièce de théâtre – il nous reste à choisir laquelle – en effectuant aussi tout un travail préalable : aller voir la pièce, prendre les photos, choisir l’angle de l’exposition, assurer sa promotion. » Une perspective qui enchante les élèves ? « Ils sont enthousiastes à l’idée de réaliser ce travail » précisent les deux enseignantes qui se plaisent à souligner la qualité des échanges établis au cours de ce voyage : « entre les élèves le courant est bien passé » constate Mélanie « des liens d’amitiés se sont même créés et on peut imaginer qu’ils perdurent ». Bilan également positif du côté des élèves qui ont aussi apprécié la journée passée dans une agence partenaire de Vocation Graphique ou la visite de la Galerie Anatome.
Un bémol : l’espace. L’exiguïté des locaux d’une école parisienne semble les avoir beaucoup impressionnés. Même si, comme Francis, ils sont aussi prêts à trouver « très mignons et très chaleureux ces petits espaces ». Difficile en effet pour Vocation graphique de rivaliser avec une école qui peut offrir, à Deux Montagnes (35 km de Montréal) des espaces « 25 fois plus grands ». Aux dires de tous. Le prix à payer ? Peut-être de la neige de novembre à avril. Un regret ? Qu’un programme très chargé ne leur ait pas permis de visiter Paris comme ils l’auraient souhaités. Mais c’est promis, la prochaine fois, ils resteront plus longtemps ce qui leur permettra de voir le Louvre, le Musée d’Orsay...En attendant, les élèves comptent sur les méls pour maintenir le contact et proposent à tous leurs nouveaux amis de les rejoindre sur Facebook.
Pour en savoir plus sur Emergence, consultez le site de la cssmi https://bv.cssmi.qc.ca/portail/render.userLayoutRootNode.uP


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